[30/10/2009 par Sl3vin] On parle très peu des jeux de voiture sur Univers-Games. Mais quand ce sont des Français qui développent et qu'il y a un succès planétaire à la clé, on ne peut plus maintenir le silence radio. Si vous ne voyez pas où je veux en venir, il s’agit de Trackmania conçu par les talentueux développeurs de Nadeo (racheté il y a peu par Ubisoft). Cet article sera basé exclusivement sur l’univers en ligne et e-sport de la dernière version : Trackmania Forever. A vos volants, la course peut débuter !
Petit rappel des titres
Avant toute chose, un petit tour de chauffe s'impose pour vous faire comprendre ce qu'est le phénomène Trackmania. La série a débuté fin 2003, mais a pris son véritable envol avec la sortie de Trackmania Nations en janvier 2006. Totalement gratuit, il propose des courses sur des circuits plus ou moins folkloriques, dans un unique environnement appelé « stadium » au sein d'un immense stade. Le joueur pilote un véhicule très proche de la Formule 1, possédant une physique très réaliste. Développé en prévision de la coupe du monde des sports électroniques (Electronic Sports World Cup, ESWC), son succès est immédiat et la communauté en plein essor. Quelques mois plus tard arrive la version payante (Trackmania United), apportant six environnements de plus, et autant de styles de pilotage, ainsi qu’un classement solo et multijoueur par départements, régions et pays. Mais également un système de pages web intégrées au jeu : le « ManiaLink », donnant la possibilité aux joueurs de s’informer rapidement et facilement sur les nouveautés proposées par la communauté en termes de maps, de compétitions… Enfin, le mois d’avril 2008 donne naissance à deux grosses mises à jour Trackmania United Forever et Trackmania Nations Forever qui vont, entre autres, permettre aux détenteurs des deux versions (respectivement payante et gratuite) de s’affronter sur l’environnement commun « stadium » où la plupart des gros événements se jouent. Par la suite, nous nous intéresserons donc à cette dernière mouture, la plus accessible, par conséquent la plus jouée et très probablement la plus appréciée.
Sans maîtrise la performance n'est rien
Il est important de préciser qu’il existe deux types de circuits. D’un côté, les « Fast Speed » (FS), qui comme leurs noms l’indiquent se jouent sans le frein. On enchaîne les loopings, les murs à une vitesse folle, un petit peu comme avec nos vieux circuits électriques et leurs voitures qui avaient la fâcheuse habitude de s’échapper du rail. D’un point de vue strictement personnel, ce n’est pas ce que je préfère. Certes, certains circuits font preuve d’un sacré talent créatif, mais la moindre erreur de trajectoire peut s’avérer fatale, et la frustration arrive au grand galop. Notez que l’on peut trouver des maps, où le pilotage n’importe pas : pas besoin de tourner, c’est à fond tout droit. Aucun challenge donc, mais les mappeurs peuvent passer deux cents heures à la création, et les sensations sont justes grandioses. De l’autre côté, on retrouve les circuits dits techniques (Tech), tout en dérapage (drift) et maîtrise du véhicule. Ce sont ces derniers qui ornent les grosses compétitions, ainsi que la plupart des autres événements. Ici, c’est le talent qui compte. Pour être le meilleur, il faut connaître la piste sur le bout des doigts (ou plutôt des roues) : chaque entrée et sortie de virages doivent être parfaites. La plupart des joueurs utilisent une manette ou le clavier. Je ne sais pas s’il y a un avantage à utiliser l’un ou l’autre étant donné que je n’ai de considérations que pour mon vieux clavier, mais certains joysticks (les plus chers) sont paramétrables à souhait, et notamment en ce qui concerne la sensibilité de la direction. Sans entrer dans de grandes discussions techniques, si vous voulez devenir compétitif, sachez qu’il faudra apprendre à accélérer et freiner en même temps, doser tout ça en fonction des virages, anticiper ces derniers après un saut, et utiliser plein d’autres petites astuces. Attention, cela ne se fera pas en une semaine, à vous de persévérer. N’hésitez pas à chercher des tutoriaux vidéo sur les méthodes de drift par exemple. Et pour mettre en pratique, vous avez le choix du serveur, ce n’est pas ce qui manque.
L’importance d’une communauté
Si la série Trackmania est parvenue à atteindre une telle popularité, c’est aussi grâce à une communauté de joueurs fidèle au fil des années, s’étoffant de jour en jour, pour être aujourd’hui l’une des plus importantes tous types de jeux confondus. Si j’ose dire, Trackmania est un petit peu le rugby du jeu vidéo. Il contient certaines valeurs, comme le fair-play, le plaisir de jouer avec l’autre, même lors de matchs à enjeu. A l’inverse, les jeux comme Call of Duty ou Counter Strike, sous les projecteurs depuis de nombreuses années, s’apparentent un peu au football. Aller voir un match, c’est entendre toutes sortes d’insultes, et éviter les bagarres entre supporters des deux camps (heureusement, ce n’est pas toujours le cas). Bref, certains me jetteront peut-être des pierres, mais c’est réellement l’impression que j’ai. Revenons donc à nos « trackmaniaques ». Les développeurs ont bien prévu le coup, et ont su dès le début apporter les outils nécessaires. En plus du système de points et de classements, Trackmania fournit un éditeur de circuit très complet, ainsi qu’un éditeur de « skins » (autrement dit on peut modifier sa voiture : rajouter des néons, ou du texte…). Voici d’ailleurs deux liens indispensables pour télécharger des maps et des voitures :
Une autre bonne surprise vient dans le fait de pouvoir enregistrer ses replays, et de les partager sur les sites communautaires, ou alors de les utiliser dans le « Media Tracker » intégré au jeu. Derrière ce nom barbare se cache un outil assez puissant de création de vidéos. Sans aborder les effets en tout genre, il surprend essentiellement par sa gestion des caméras. Filmer votre course comme bon vous semble et laissez place à votre imagination. Il ne vous reste plus qu’à encoder votre résultat (depuis le jeu) et à rajouter tout ce qu’il y a autour, comme du texte ou de la musique, à l’aide d’un logiciel prévu à cet effet. Il existe même des concours de création de vidéos, et cela vaut vraiment le coup d’œil.
Le succès de l’e-Sport
Avec une communauté en pleine expansion, et un jeu basé dès sa sortie pour le sport électronique et les compétitions internationales, il était normal que Trackmania se fasse une place dans les plus grands événements planétaires de l’e-Sport. Mais qu’est ce que l’e-Sport ? Pour faire simple, il s’agit de faire des jeux vidéo un sport à part entière, nécessitant une pratique régulière et transformant les joueurs en machine à performances. Au final, le jeu vidéo se professionnalise petit à petit. Tout au long de l’année, des gros rendez-vous comme la DreamHack Summer (et Winter), l’ESWC ou les World Cyber Games (WCG), réunissent les meilleurs joueurs de la planète. Et sur Trackmania, la France possède de grands talents. Les quatre victoires à la Nation Cup (sorte de coupe du monde par pays) ces quatre dernières années en sont la preuve. En plus de ces compétitions, de nombreuses LAN Parties sont organisées pour permettre à la communauté de se rencontrer et d’échanger. Dernièrement s’est déroulée la Reboat Lan qui comme son nom l’indique s’est jouée sur un bateau en pleine Manche. Sur Internet, même son de cloche. Des tournois comme l’ESL ou la TNA voient s’affronter les meilleures équipes du monde, mais restent ouverts malgré tout à n’importe quelle team voulant s’engager. La scène française n’est pas dépourvue en tournoi, il a l’embarras du choix. Pour finir, un petit mot sur les formules des rencontres. Les matchs se déroulent sur plusieurs circuits définis à l’avance, d’où l’obligation de bien s’entraîner, par équipe ou seul contre d’autres adversaires. Ici, la régularité est importante. Les joueurs jouent plusieurs rounds et, en fonction de leurs positions à l’arrivée, gagnent plus ou moins de points. La map se finit lorsqu’une équipe a empoché un certain nombre de manches (selon les règles), ou dans le cas de rencontres individuelles, lorsqu’un joueur a atteint le nombre de points requis. Moins joué, mais tout aussi délicieux, le « modlap » reprend les principes de courses sur circuits en plusieurs tours. Le premier arrivé est le vainqueur. D’ailleurs, je vous invite à participer au Modlap Championship (MLC), tournoi français en plusieurs manches par saison, ouvert à tous (suffit juste de s’inscrire et de lire le règlement) et totalement fun.
Conclusion
Gratuit, Trackmania Forever a réussi en quelques années à se faire une place au panthéon des jeux vidéo en réseau. Les développeurs ont bien compris que tirer sur tout ce qui bouge n’est pas la seule solution au succès. Avec son esprit fun et sa part de simulation, Trackmania a encore de belles années devant lui. Espérons seulement que le rachat de Nadeo par Ubisoft n’ait pas de mauvaises répercussions sur la qualité de Trackmania 2 prévu en 2010 (en le rendant exclusivement payant par exemple…).
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