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[12/07/2010 par Sl3vin] Du 1er au 4 juillet, se sont déroulées les finales EPS lors de la Japan Expo au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte. Univers-Games était présent le premier jour dans une situation particulière, pour un reportage particulier.

La montée du sport électronique

Avant toute chose, il est important de situer le contexte. Vous vous demandez certainement ce que signifie EPS. Non ce n’est pas un nouveau genre dans l’univers du jeu vidéo comme peut l’être le FPS ou le RTS, il s’agit des ESL Pro Series. Pour ceux qui ne suivent pas tellement l’e-sport (le sport électronique dans la langue de Molière), l’ESL (Electronic Sports League) est l’une des plus grandes ligues pour les joueurs. Fondée en 1997 par des Allemands, elle comporte aujourd’hui de nombreuses sections correspondantes à différents pays (principalement en Europe), ces dernières étant gérées par des sociétés ayant achetées la licence d’exploitation.
Les EPS sont la compétition phare de la division française. Cette année, trois jeux étaient présents pour voir s’affronter les meilleurs joueurs et équipes de France. On retrouve bien évidemment l’éternel Counter Strike 1.6, le raffiné Counter Strike Source, et enfin le nouvel arrivant Trackmania Nations Forever. Au total ce n’est pas moins de 16 000€ que se partageront les joueurs de ces trois disciplines. À noter également que Call of Duty Modern Warfare 2 était de la partie mais dans le cadre des Amateur Series.

Enfin, on peut se poser la question du lieu de cette Lan pas comme les autres. La Japan Expo est la référence en salon dans le domaine de l'Asie, et malgré de nombreux stands sur la culture japonaise, les jeux vidéo ont une part prépondérante. L’intérêt du public pour cet événement ramène nécessairement une densité importante de visiteurs, une aubaine donc pour l’ESL qui en profite pour se faire de la pub grandeur nature. L’organisation avait même prévu de quoi appâter le client avec la possibilité de tester le très attendu World of Warcraft : Cataclysm, et ce gratuitement.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ...

Désormais, place au jeu. Le chemin vers les finales de cette huitième édition des EPS n’aura pas été de tout repos. Concernant les deux FPS, les meilleures structures françaises se sont affrontées durant plus de deux mois. La lutte aura été rude, et seules les quatre premières équipes au classement final ont eu l’honneur de se qualifier pour la Japan Expo. Parmi les grands noms, on retrouve BURNING!, Against All Authority, ou encore VeryGames, de quoi assurer le spectacle.

Mais passons à mon "chouchou", j’ai nommé Trackmania. Présent pour la première fois dans le cadre des EPS (après un vote), la compétition était au départ ouverte à tous. En effet, quatre journées de qualification ont été planifiées durant le mois d’avril sur les maps de la saison régulière de l’ESL PremierShip. En mode 1vs1vs1vs1, les deux premiers de chaque match se qualifient pour la suite de la journée. Les quatre derniers en lice se retrouvent alors officiellement qualifiés pour la phase suivante de la compétition. Cette dernière, composée par conséquent de seize joueurs répartis dans quatre poules, s’est déroulée sur huit nouvelles journées sous la forme d’un championnat où les quatre mêmes pilotes se disputent la victoire chaque semaine. Au terme de ces deux mois d’affrontements, les deux premiers de chaque groupe ont le privilège de participer à la finale sur Paris. Et rien que pour vous, Univers-Games a réussi à envoyer un de ses joueurs parmi les huit élus.

Sans vouloir me jeter des fleurs, je suis le petit veinard finaliste (non, aucune corruption n’est entrée en jeu, seulement le talent et un peu de réussite). L’occasion parfaite pour vous raconter ma journée, mes impressions, et l’ambiance de la Japan Expo. La suite sera donc plus subjective.

The show must go on !

Jeudi 1er juillet, il est 6h du matin, le soleil est déjà levé, la chaleur aussi, et le réveil est très difficile. Après un petit-déjeuner express, soit un verre de jus d’orange, je ne traîne pas plus longtemps et prend le chemin de la gare de Nancy. L’avantage avec le TGV, c’est la rapidité avec laquelle on rejoint Paris-Est. Une petite heure et demie suffit. J’ai rendez-vous à 10h quelque part au Parc des Expositions de Villepinte, donc je galère à me procurer un ticket RER, direction les hangars de la Japan Expo.

Arrivé sur zone un peu à la bourre (en avance par rapport à la plupart), on me prend charge et sans faire la moindre minute dans une des longues files d’attente, j’entre discrètement par l’entrée VIP. La classe j’ai envie de dire… Après m’être perdu dans les immenses halls du salon, je trouve enfin le stand ESL. Comme vous pouvez le constater sur les photos, il est très impressionnant. Des PCs portables sont à disposition du public pour tester les jeux de la compétition ou le nouveau World of Warcraft : Cataclysm. Mais le plus spectaculaire reste la scène où nous jouerons. Tout a été prévu. Au centre, se situe deux positions pour les commentateurs, entourées de chaque côté par cinq machines de guerre. Certes, elles sont inutiles pour jouer à Counter Strike 1.6 (comment ça je taquine ?), mais ont fortement attiré l’œil des visiteurs. Autre petit coup de folie de la part des organisateurs, les dix écrans plats connectés aux PCs des joueurs et affichant exactement ce que nous apercevons sur nos écrans. Les spectateurs ont ainsi l’impression d’être à notre place, et c’est plutôt sympathique. Un grand écran a également été installé, projetant des bandes-annonces et les matchs en direct accompagnés de commentaires. Enfin, des caméras filment la scène et les joueurs toute la journée, et retransmettent le spectacle en live sur l’ESL TV.

Vers 11h30, la plupart des participants sont arrivés, à l’exception de deux, qui se sont plantés de lieu, se retrouvant à Disney Land Paris, où se déroulent le lendemain les ESWC World, autrement dit les championnats du monde du jeu vidéo. Les absents ayant toujours tort, ils ont directement été relégués dans le tableau "looser bracket". Pour faire simple il s’agit d’un tableau où les joueurs ayant perdu se retrouvent jusqu’à la finale "looser", qui offrent alors deux accessits pour la grande finale. C’est donc une sorte de seconde chance.

En attendant leur arrivée, une première demi-finale s’est disputée à trois, en raison d’un forfait de dernière minute. Pour ma première expérience en Lan, j’affronte deux membres de l’équipe de France (tous les autres en font également partie…), et je suis loin d’être à l’aise avec le public qui commence à s’amasser devant la scène.

Avant le début du match, l’organisation allemande (on croit rêver…) de l’événement nous filme un par un pendant que les deux commentateurs nous présentent rapidement.  "Je suis passé à la télé maman !! ". La rencontre se joue comme toutes celles du tournoi, sur cinq circuits, en mode round, c’est-à-dire que l’on enchaîne les manches (cinq par map, et on passe à la suivante), le premier marquant dix points, le second six, le troisième quatre unités, et enfin le dernier seulement trois. Lorsqu’un pilote arrive à 120 points, il passe en statut de "finaliste", et doit nécessairement remporter un run pour gagner la partie. Ce système privilégie donc énormément le spectacle. Après plus d’une demi-heure de combat féroce, je suis lamentablement troisième et dernier, sans toutefois démériter.

Mais où sont les Japonais ?

Je profite alors du peu de temps libre avant la suite de la compétition, pour visiter le salon, en essayant de ne pas me perdre. J’ai tenté d’y aller avec le casque branché à l’unité centrale, pour retrouver le chemin au cas où… mais le cordon n’était pas assez long. Quel échec !
Première impression, il fait chaud. De plus, il y a de la place dans les allées pour se balader, on est bien loin de l’affluence du samedi et du dimanche, et ce n’est pas plus mal. Je décide de commencer par le hall dédié aux jeux vidéo. Bien évidemment, on ne trouve quasiment que des jeux originaires d’Asie, et principalement du Japon, comme Street Fighter, Final Fantasy, un jeu où il faut danser sur un tapis en suivant l’écran, dont je ne sais absolument pas le nom, et beaucoup d’autres. Malheureusement, je ne vais pas vous mentir, ma visite a été très brève, et je n’ai pas pu participer à des conférences certainement très instructives.

L’autre partie de la Japan Expo est envahie par la culture japonaise en tout genre. La musique, les arts martiaux, les mangas, et j’en passe. J’ai aussi été incroyablement surpris par le nombre de personnes déguisées, maquillées et coiffées de manière identique à leurs personnages fictifs préférés. On nomme cette pratique le cosplay. On trouve absolument tout et n’importe quoi, c’est là tout le charme de cet événement qui réunit chaque année de plus en plus de visiteurs, avec plus de 180 000 en 2010, un record.

The end !

De retour au stand ESL, l’autre demi-finale s’est achevée, et la finale du tableau des gagnants (le winner bracket) offrant deux places pour la grande finale, est sur le point de se terminer.
À presque 14h, nous avons le droit à une petite pause déjeuner, qui est la bienvenue après mon petit-déjeuner conséquent… Une fois l’estomac remplit, la guerre pouvait reprendre. Ma demi-finale looser bracket est la prochaine à être retransmise. La pression monte, et je n’ai vraiment pas envie de finir dernier de la compétition. Trois joueurs pour deux places en finale des perdants. Et là le miracle se produisit ou devrais-je dire, tout est redevenu normal… Contrairement à mon premier match, je suis plus relax, et mon pilotage s’en ressent, probablement en raison de la présence de certains membres de mon équipe Trackmania venus m’encourager bruyamment. Conclusion, je termine à la première place, et me qualifie pour la finale looser bracket, à une petite victoire de remporter au minimum 100€, ou au mieux les 1000€ du vainqueur, mais tout ceci n’est encore que rêves et illusions. Je passe même en interview, comme tous ceux finissant aux deux premières places.

Pas de temps de répit, la finale va déjà débuter. L’après-midi est bien avancé, et le public de plus en plus nombreux. Une petite foule s’est formée devant les écrans de retransmission, il s’agit de ne pas être ridicule à présent. La rencontre est très serrée, je m’efforce d’être le plus régulier possible, en espérant une petite faute de mes adversaires souvent plus rapides. Malheureusement, cela ne suffit pas et les deux tickets pour la grande finale m’échappent. Je finis quatrième avec 115 points, mais content de ma prestation.
S’en est désormais terminé pour moi, il ne me reste plus qu’à regarder le véritable show des quatre finalistes qui se rendent coup pour coup. C’est finalement le dénommé Ned qui s’impose, et remporte les gains du champion et la reconnaissance, devant Tannis, et Rapt. Un grand bravo !

Mais tout à une fin, il est l’heure de rentrer, le TGV n’attend pas. Cependant, je n’avais pas pensé aux visiteurs quittant la Japan Expo et reprenant le RER pour Paris. Un véritable comble, j’entre sans faire la queue, et je repars dans des files d’attente monstrueuses pour s’acheter le billet de retour, et un train bondé. Toutefois, j’arrive à l'heure, et pendant le trajet vers Nancy, je repense à cette journée très spéciale. Heureux d’avoir pu affronter ce qui se fait de mieux en France, et surtout d’avoir rivalisé en dépit de mon manque d’expérience. Content enfin de rencontrer la communauté Trackmania grandissante de jour en jour, et qui affiche un très bon état d’esprit. Pourvu que cela dure.
Une déception cependant, le fait de ne pas avoir eu assez de temps pour visiter plus longuement la Japan Expo. Malgré le fait de ne pas spécialement être un grand fan de la culture japonaise (en plus je n’y connais rien), le salon regorgeait certainement de choses très intéressantes. Une prochaine fois peut-etre.




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