[03/01/2010 par Sl3vin] Au début des années 2000, le monde du FPS sur PC est dominé par le cannibale Counter Strike. Dix ans plus tard, la désormais célèbre série d’Activision, Call of Duty, a parcouru du chemin depuis son apparition en 2003. Une ascension vertigineuse vers les sommets, et probablement en ce début 2010, à son apogée en terme de réussite commerciale (en attendant les années à venir). Mais qu’en est-il du contenu purement vidéoludique ? Univers-Games revient sur ce poids lourd du jeu vidéo, de sa naissance à aujourd’hui, et exclusivement sur PC.
Se démarquer de la concurrence.
À l’époque, la seconde guerre mondiale n’était pas encore le thème récurrent qui donnait une perpétuelle impression de "déjà vu" dès qu’il fallait botter les fesses des méchants nazis, comme cela peut être le cas de nos jours. En effet, en 2001, Electronic Arts et les studios 2015 nous sortent une révolution dans l’univers du jeu vidéo PC. Grandement inspiré par "Il faut sauver le soldat Ryan", la dernière grosse production de Steven Spielberg, Medal of Honor : Débarquement Allié est née. Pendant plus de deux ans, et aidé par la sortie de deux extensions de qualité, ce jeu restera en haut de l’affiche (derrière Counter Strike…). Son solo scripté, ses scènes d’anthologie, son scénario digne des plus grandes productions hollywoodiennes, sans oublier une qualité graphique indéniable. On n’avait jamais vu cela auparavant. Qui ne se souvient pas de la légendaire mission (la troisième je crois bien) du débarquement sur les plages normandes ? Mais c’est également son mode multijoueur qui permettra à MoHDA de durer. Optimisé, et bien pensé, avec de nombreuses maps et de multiples modes de jeu (comme le malheureusement peu connu mode Tug of War où une équipe devait remplir plusieurs objectifs successifs pour remporter la manche), l’énorme communauté n’était pas prête de se lasser. C’est donc en compagnie d’un fort concurrent que la série Call of Duty voit le jour fin 2003. Néanmoins, le succès est immédiat, le jeu de tir à la première personne a-t-il enfin trouvé le messie capable de détrôner le vieillissant Counter Strike ?
Un départ fracassant !
En 2002, de nombreux développeurs de Medal of Honor quittent 2015pour former une nouvelle société de développement, aujourd’hui couverte de gloire : Infinity Ward. C’est ainsi que Call of Duty devient réalité. L’année suivante, Activisions’octroie le studio, et marque le début d’une grande aventure. Novembre 2003, après une campagne de pub particulièrement poussée, les joueurs fébriles et excités peuvent enfin toucher la bête. À la manière de MoH, CoD s’inspire fortement de la récente série Band of Brothers, réalisé par Steven Spielberg (encore lui) et Tom Hanks, mais aussi du film "Le jour le plus long", ou encore "Stalingrad". La ville de Carentan modélisée à l’identique de la série le confirme, tout comme la mission de sabotage de canons de 88 dans les bocages de Brécourt. De plus, et contrairement aux idées reçues dans la plupart des FPS précédents, nous incarnons un soldat aidé par ses semblables. L’époque où gagner la guerre en solo semble révolue, et c’est tant mieux. De plus, il est désormais possible de se coucher à terre, mais surtout d’utiliser "l’iron sight" (mettre l’arme à l’épaule pour gagner en précision), ce qui n’était pas véritablement la mode à l’époque (cf : CS et MoH). La campagne propose de vivre le conflit au sein de trois armées : américaines, anglaises, et russes. Initiative intéressante de la part des développeurs, car ceci apporte une variété dans les missions en fonction de la zone géographique, des tactiques de combat de chacun, ou des armes. Ainsi vous conviendrez que la subtilité chez les Russes est totalement facultative. Les dialogues s’en ressentent également. Le mode multijoueur n’est pas en reste, et même s’il n’apporte pas grand-chose en plus par rapport aux autres hits du moment, le fait de pouvoir s’allonger et de se pencher, l’excellent level design des cartes et leurs variétés, aspirent à des temps radieux. Au final, ce premier Call of Duty deviendra le jeu de l’année 2003.
Toutefois, quand l’extension CoD : La Grande Offensive pointe le bout de son nez moins d’un an plus tard, on reste sceptique, qui plus est lorsqu’on apprend que c’est à Gray Matter Studios qu'a été confiée la tâche de développer cet add-on. À tort, puisque même si le mode solo s’avère une nouvelle fois très prenant, c’est le mode online qui se démarque brillamment. Et ce, principalement grâce à l’apparition de tanks et de jeeps, de l’obtention de grades (apportant munitions, artillerie…) au cours d’une partie, des cartes toujours mieux conçues et énormes pour certaines d’entre elles, mais aussi d’un tout nouveau mode Base où chaque équipe doit détruire les trois "bases" de l’ennemi tout en défendant les siennes (se joue sur les plus grandes maps à l’aide des véhicules). D’un point de vue strictement personnel, il s’agit du meilleur multijoueur tous Call of Duty confondus. Surtout s’il on ajoute l’excellent mod amateur German Front Mod rendant le jeu plus réaliste sur le plan des dégâts, ses classes spécifiques (dont celle de "medic"), et son lot de maps en plus, toutes de bonnes factures.
Cependant, Infinity Ward en veut toujours plus, et c’est en novembre 2005 que naît le véritable deuxième opus sur PC, Call of Duty 2. Le gameplay ne connaît pas de grands bouleversements, si ce n'est la disparition des véhicules pilotables. Malgré tout, il se veut plus sombre et plus mature, principalement dû à l’évolution graphique et l’utilisation de la technologie DirectX 9 (toute récente). Cette évolution permet entre autres de donner une grande importance stratégique à l’utilisation des fumigènes grâce à l'apport de la fumée volumétrique. Le feeling des armes se veut plus spectaculaire, et il est désormais possible de franchir toute sorte d’obstacles de manière réaliste. Sans grosses faiblesses, il ne surprend pas autant que son grand frère, mais le succès est une nouvelle fois au rendez-vous comme le montre l’impressionnant nombre de joueurs en ligne durant les années qui suivirent.
Un changement de cap important...
Il faudra deux ans pour qu’Activision se décide à sortir un nouveau CoD, estampillé Call of Duty 4 : Modern Warfare et encore une fois développé par les talentueux petits gars d’Infinity Ward. Comme l’indique son nom, la période 39-45 s’éclipse au profit d’une guerre fictive à l’époque contemporaine. La campagne, plus scénarisée que ces prédécesseurs, ne s’inspire d’aucun film, mais au contraire écrit le sien. Dans la peau alternativement d’un SAS anglais, et d’un Marine, vous allez être servi en matière d’intensité et de rebondissements. Reposé sur un gameplay, et un système de jeu identiques à CoD2, seul les armes et autres accessoires de combat changent véritablement. Les grenades flashs et paralysantes, les charges de C4, et de nombreuses armes à feu, en plus d’un support aérien dans certaines situations délicates font leur arrivée. Le moteur graphique (et physique) a également subi une refonte de qualité, et se permet le luxe de tourner sur la plupart des machines. Un bon point concernant le solo donc, mais que dire du mode multijoueur. Nerveux à souhait, il se base sur la personnalisation de son équipement avant la bataille. Choisissez votre arme principale, votre arme de poing, vos types de grenades, et enfin trois atouts appelés "perks". Ces derniers apportent une dimension plus tactique. Privilégier la puissance de feu, avec des dégâts plus important ou au contraire une plus grande résistance. Mines claymore ou pains de C4, tant de questions à résoudre, dont les réponses influeront directement sur votre façon de jouer, et celle de vos ennemis. Notons également l'ajout de grades (55 au total) en ligne, permettant au fur et à mesure de votre progression de débloquer armes, accesoires et autres perks, ainsi qu'un très grand nombre de défis de toute sorte. Une vraie bonne idée de la part des développeurs qui rallonge considérablement la durée de vie du titre. Enfin, CoD4 : MW va petit à petit s’imposer sur la scène e-sport et s’inviter sur de belles lans avec d'importants gains en jeu, ce que n’avait pas réussi à faire ces prédécesseurs.
La chute ?
Activisiona décidé depuis 2005 de sortir un épisode par an. Pour ce faire, l’éditeur donne le développement (en plus d’Infinity Ward) une année sur deux aux studios Treyarch. En 2006, ces derniers ont vu "leur" Call of Duty 3 sortir uniquement sur console, mais ceci ne nous regarde pas (la console me donne des boutons... argh). En revanche, deux ans plus tard, les joueurs PC peuvent goûter aux joies de Call of Duty 5 : World at War. Et là surprise, c’est un retour aux sources puisque la seconde guerre mondiale revient au premier plan. Malheureusement, par rapport à CoD4, aucuns changements, on a la mauvaise impression de jouer à un mode à la sauce 39-45. Certes, l’ambiance des conflits dans le Pacifique face aux Japonais, est admirablement retranscrite. Le côté gore de la guerre est mis en avant, toutefois aucune réelle innovation n’est à signaler. Malgré tout, on note la sympathique apparition d’une mode Zombie, où quatre joueurs doivent coopérer pour survivre à d’incessantes vagues de mort-vivants. Paradoxalement, c’est ce mode de jeu qui connaît le plus de succès, en atteste les patchs proposant des maps supplémentaires. Treyarch aurait peut-être dû se lancer dans le "survival", car CoD5 : WaW, malgré ses ventes correctes, s’avère être une déception.
Infinity Ward à la relance.
Le Call of Duty version 2009 est donc très attendu, l’erreur n’est plus permise. C’est la raison pour laquelle Activision sort le grand jeu avec une campagne de promotion absolument surréaliste. Des milliers de fans étaient dans les rues le soir de la sortie. Des célébrités ont même pris part à l’événement (pour le jeu ?). Tout cela alors que quelques semaines plus tôt, on apprenait l’absence de serveurs dédiés, et l’utilisation obligatoire de Steam, soit disant pour lutter contre le piratage. Preuve que cela à fonctionné, Call of Duty : Modern Warfare 2 est le jeu PC le plus piraté en 2009 (en seulement deux mois…). À l’instar de Left 4 Dead 2, la communauté monte sur ses grands chevaux, et un boycott est aussitôt demandé. Mais malgré ces contretemps, le lancement de CoD : MW2 est un véritable plébiscite. Il bat tous les records de vente dès le premier jour (sept millions vendus tous supports confondus). Cependant, la version PC se trouve en retrait, preuve que la nouvelle politique d’Infinity Ward et d’Activision ne plaît pas à tout le monde. En effet, le mode multijoueur s’adapte très bien aux consoles, mais l’impossibilité d’utiliser les serveurs dédiés, et dans le même temps la création de mods et de cartes, est un sale coup pour nous, PCistes. Un temps de latence plus élevé que la normale, on ne peut même plus choisir un serveur en particulier, et on prie pour ne pas se prendre en pleine poire un message du type "connexion impossible avec l’hôte". Alors oui, CoD : MW2 est excellent jeu, probablement le plus abouti tant sur le plan graphique que son gameplay. Son mode solo propose un spectacle un cran (voire deux) au dessus de ses aînés. Mais il s’est tourné du côté obscure de la force, autrement dit : la console. Espérons que cela ne soit pas irrévocable.
La vérité sort de la bouche des ...comptes en banque...
Cette décennie a connu l’avènement d’un très grand nom du jeu vidéo avec Call of Duty. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis 2003, la franchise a écoulé plus de 55 millions de jeux vidéo (consoles et PC réunis), soit un bénéfice de plus de deux milliards d’euros. À elle seule l’année 2009 a permis d’en vendre 20 millions. Incroyable ! Mais tout ce n’est pas rose pour autant (pour les joueurs en l’occurrence). Si le début de la série était avant tout orienté PC, aujourd’hui la donne a changé, et Activisiona compris que la console devenait au fil des années, plus rentable (moins de piratages, et plus facile d’utilisation). Le dernier opus en est la preuve, et les ventes le lui rendent bien. L’année 2010 s’annonce primordiale pour Call of Duty sur nos machines, car une certaine série intitulée Battlefield risque de faire du bruit sur le marché du FPS.
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